La médina de Fès est la plus grande médina gardée intacte du Maroc. Elle témoigne de plus de 1200 ans d’histoire, et y passer la journée nous fait effectivement vivre un retour en arrière.

Éveillons-nos sens!
Tony et moi sommes entrés par la grande place principale, Bab Bou Djeloud. Plusieurs cafés y sont installés et des Marocains savourent lentement un thé en observant les passants. De là, deux rues s’offrent à nous pour pénétrer dans la médina. Nous avons choisi la plus petite pente, sur la droite. Ah, que le hasard apporte toujours ce qu’il y a de mieux dans le voyage ! Nous avons choisi l’entrée qui menait dans le marché d’alimentation.
Fruits et légumes frais, épices multicolores, œufs du matin, herbes aromatiques et textures variées… Nos sens sont stimulés au plus haut point. Des femmes offrent leurs bottes d’herbes nouvellement cueillies. Des poissonniers présentent leurs prises du jour. Des bouchers exposent d’imposants morceaux de viande. Notre nez est rempli d’effluves mystérieux. Au comptoir d’un boucher spécialisé, une tête de dromadaire et ses couilles sont suspendues. Bon appétit !

Se perdre en voyage
Impossible de ne pas se perdre en explorant les ruelles dignes d’un labyrinthe de la médina. Et c’est justement pour cette raison qu’on veut s’y enfoncer ! Quand nous n’entendons pas l’appel à la prière, ce sont les muletiers qui crient « Balek ! Balek ! » (Poussez-vous !) pour frayer un chemin à leur âne surchargé de peaux. Les odeurs d’épices nous chatouillent les narines, les majestueuses portes, toutes ornées de clous ou de motifs colorés, nous font lever les yeux jusqu’aux draps et aux tapis suspendus au-dessus de nos têtes.
Le souk de Nejjarine est beau à voir ; les artisans du bois sculptent des trônes pour les mariages marocains. Les copeaux de bois tapissent le sol. Nous nous sommes assis pour quelques gorgées d’eau à la place Seffarine. Je crois que ce fut mon moment préféré de la journée. La musique des dinandiers, qui travaillent le cuivre, nous a amenés à une autre époque. Ils sont des artistes. Toute la journée, le martelage du métal nous a permis de retrouver notre chemin dans les mille-et-un passages.

Trésors dans l’ombre
Nous nous sommes laissé guider par les sons et la foule, en entrant dans des fondouks par-ci, par-là. Les fondouks sont souvent de sombres entrée ou ruelles de la médina qui mènent à des ateliers de maâlem, qui signifie « celui qui sait » ou « celui qui a un savoir-faire ». Le métier traditionnel, au fond d’une boutique, témoigne du dur travail de l’artisan-tisseur. J’y ai d’ailleurs déniché une couverture en soie et en velours. Lorsqu’elle m’enveloppera, elle me rappellera le ciel du Maroc, au coucher du soleil, lorsque l’intensité de la lumière change et qu’il passe du bleu électrique au bleu pâle.
Bisou xxxxxx toujours très intéressant! Comment fais-tu pour te rappeler de tout ça durant ton voyage ???
Je prends des notes et j’annote mon guide de voyage…! J’essaie d’écrire ce que j’ai ressentie ou des mots clés pour me rappeler de mes réflexions. 🙂