6 h, direction : le Sahara.
Sur la route entre Sousse et Gabeis, des arbres et des arbres d’oliviers, à perte de vue, tous bien enlignés, de 15 à 20 mètres entre chacun d’eux, afin d’assurer la qualité du fruit. Pour les musulmans, les arbres d’oliviers sont importants ; leur nom apparait 7 fois dans le Coran.
Une fois passé Gabeis, le paysage change soudainement. La route goudronnée ressort au milieu des couleurs ternes. Ce sont désormais les palmiers et les oasis qui enjolivent le décor. Au premier coup d’œil, sur un fond de gris et de terre cuite, les petits sacs bleus semblent faire partie de cet environnement aride. Ils virevoltent au vent. Puis on réalise la tristesse du cadre.

Sur la longue route vers El-Djem, Mahres, Matmata et Douz, des vendeurs de gallons d’essence parsèment le chemin. C’est le désert. La désertification est un problème important au pays. Le vent et les chèvres sont à blâmer : le premier souffle le sable vers les terres verdoyantes, les secondes mangent tout sur leur passage.
Premier arrêt : El-Djem. L’amphithéâtre romain est le plus remarquable d’Afrique de par sa taille et sa préservation. Un délice pour les yeux. En remontant la rue, on pouvait avoir une vue assez impressionnante!
À Matmata, village berbère, nous avons pu visiter une habitation troglodytique. Des gens vivent dans des cavités aménagées dans la roche. Elles ressemblent à un cratère de bombe. Pour distinguer ces demeures, il faut être assez près, car elles sont désormais cachées par des bâtiments plus modernes. Matmata a servi de décor dans La Guerre des étoiles.

Nous sommes finalement arrivés à Douz pour une promenade à dos de dromadaire dans le désert du Sahara. C’est magnifique, le Sahara. Le sable n’a rien à voir avec le sacre de la plage. Il est comme de la farine, comme de la cendre… Il est doux, léger, vaporeux. Il faut toucher pour comprendre… Mon guide, à qui il manquait un œil, était très gentil. Il me parlait de sa vie, du désert et des dromadaires… Il habite juste là, derrière la dune de sable, chez ses parents. Facebook est même dans le Sahara : on échange nos adresses.
Au départ, je voulais absolument dormir dans le désert. Après 1h sur le dos d’un animal assez imprévisible, j’étais bien heureuse qu’une chambre d’hôtel m’attende. La chaleur est tellement intense, qu’on ne la sent plus. Seul le sable qui nous colle au visage nous rappelle que notre corps a besoin d’eau. Derrière leur foulard jaune et bleu, les garçons ressemblent aux voleurs d’Ali Baba. Ça fait rêver…
Nous arrivons à l’hôtel, déshydratées. Je saute sous une douche bien froide. Ça fait du bien. Je me lave, coupe l’eau et agrippe une serviette. La chaleur est tellement intense, qu’elle semble sortir directement de la sécheuse. La nuit s’annonce pénible…

Après une première tentative de sommeil, je me lève, ouvre la fenêtre. L’air conditionné ne fonctionne pas. Je me recouche. Attends de me calmer, que mon corps se refroidisse, mais ça n’arrive pas. J’ouvre l’autre panneau de la fenêtre. J’imagine un peu de vent sur ma peau. La tête me chauffe!!!
C’est assez. Je me lève.
Il est tard, et même si je m’endors comme jamais, impossible de dormir. Je vais au bar, achète une bouteille d’eau froide. Je parle à l’homme qui y travaille.
— Tu n’es pas habituée à cette chaleur. C’est normal, c’est l’été, il fait 58 degrés, c’est dur…
— Oui, je n’en pouvais plus dans ma chambre, j’étouffais…
— Suis-moi.
Je le suis un peu plus loin. BONHEUR! Une petite salle bien froide. En attendant que mes ardeurs se refroidissent, je lui fais la conversation. L’homme de 55 ans, qui semble en avoir 70, a 3 enfants et une femme. Il travaillait autrefois dans un hammam, mais comme la zone est désertique, l’endroit a fermé pour laisser place à cet hôtel où s’arrêtent les autobus remplis de touristes.
Deux heures plus tard, après avoir regardé les nouvelles en arabe, mon corps est refroidi et je remonte à ma chambre.
Je n’ai pas dormi, mais j’étais dans le Sahara.
ça donne envie 🙁 …
Chanceuses que vous étiez <3