Nous avons quitté Johannesburg dimanche matin. À l’aéroport, de grands hommes sont devant nous, tous habillés de beige, chapeaux d’aventurier et grosses bottes, comme ces chasseurs d’éléphants qu’on voit dans les films. J’entends mon ami qui leur parle…
Mon ami : We arrived in Johannesburg last week, we are in South Africa for four more weeks. … Yes, many of us wish to do a safari to see the Big Five!

Le Big Five, ce sont les cinq animaux emblématiques de l’Afrique du Sud : le lion, l’éléphant, le buffle, le léopard et le rhinocéros. Ils sont aussi les cinq animaux les plus difficiles et dangereux à chasser. Aujourd’hui, la chasse aux rhinocéros est interdite.
Le chasseur : Well if you think you can see the Big Five in four weeks my friend, you might be desapointed! It took me 11 years to get it.
Mon ami : Isn’t it illegal to hunt those animals?
Le chasseur : Yes, but with money everything is possible.
…
Cape Town est une ville superbe, beaucoup plus joyeuse que Johannesburg. Le waterfront est d’une beauté incroyable, avec l’eau et les vagues qui frappent sur les rochers, les petits restos et la vue, presque invraisemblable, du Table Mountain, à peu près n’importe où où on se trouve.

Une promenade en train m’a convaincue de la beauté des vignobles et de la campagne qui entourent la ville mère de l’Afrique du Sud.
Cape Town est aussi la ville où j’ai, pour la première fois, pris contact avec la pauvreté. Sans que je ne m’y attende, elle était là, bien droite, debout, devant moi. Dès la sortie de l’aéroport, de chaque côté de l’autoroute achalandée, se trouvent des ghettos. À perte de vue, de petites maisons de tôle, un décor un peu grisâtre, coloré par les vêtements qui sèchent sur les cordes à linge. On dit que la vie dans les townships n’est plus la même, que beaucoup d’espoir et d’optimisme viennent contrebalancer la dure réalité.
Cape Town a ce visage à deux faces : jolie, bien entourée, sympathique… mais au moment où on s’en attend le moins, elle vous frappe en plein visage avec sa violence, sa misère et sa pauvreté. Pas besoin d’être au Cap depuis longtemps pour voir les cicatrices laissées par son passé. Heureusement, les jeunes transportent l’espoir…