Un pays, plusieurs faces

Il fait un peu froid en Afrique du Sud! Oui, c’est l’hiver ici. Depuis notre arrivée, ça n’arrête pas. Pas le temps de se reposer. Il faut être réveillé, disposé et bien frais. Tu ne l’es pas? Fais comme si. Trois semaines qui promettent d’être intenses…

Plus personnellement, voici mes premières impressions sur l’Afrique du Sud…

L’Afrique du Sud a plusieurs faces; des noirs, des blancs, des Indiens, des locaux, des immigrants, des pauvres, des riches… C’est un pays de contradictions et de contrastes. Je le savais avant d’arriver, je l’imaginais… Mais les voir, de ses yeux vus, c’est différent… Je suis à mi-chemin entre l’émerveillement et la désillusion.

Je ne me sens pas regardé, pas du tout même, parmi les Africains. Est-ce que lorsqu’on passe sa vie en « majorité », on ne se sent même pas différent lorsqu’on est en « minorité »? Est-ce que nous sommes tellement habitués d’être en majorité qu’on se sent encore à notre place dans un univers qui nous est totalement étranger?

Une belle journée, aujourd’hui, bien entendu, forte en émotions… Les montagnes jaunes qui bordent la ville de Johannesburg rappellent le passé de l’apartheid. Ces montagnes, maintenant un peu boisées, mais toujours au sol couleur beurre-frais, délimitaient le ghetto de Soweto. Elles séparaient les blancs, des autres

Après un tour de ville du dimanche après-midi, un tour de ville d’une ville fatiguée, croulante, nous nous sommes arrêtées pour une visite au musée de l’apartheid. Il nous réservait, croyez-moi, beaucoup de frissons et de bouleversements. Déjà, à l’entrée, deux portes étaient devant nous : une pour les blancs, et une pour les non-blancs… Un bon coup de poing dans l’estomac.

Musée de l’apartheid

L’histoire de Nelson Mandela, même si je la connaissais déjà, m’a touchée droit au cœur. Les images, tellement récentes, étaient choquantes. Mais l’histoire des milliers de jeunes, surtout des étudiants, qui sont descendus dans les rues pour faire respecter leur dignité, pour demander la liberté et le droit d’être… d’être, simplement. À ceux et celles qui ont survécu, qui se sont battus, qui ont souffert, qui ont continué… À ceux et celles qui ont cru, qui ont voulu et qui n’ont pas acquiescé… Il n’y a pas de mots.

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